MMartin Live Journal

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09/07/2014

Journal -- Jeudi 10 juillet 2014.

Elle apparaît soudainement à ma droite, lune bleue, de dessous le porche d'un immeuble. Grande tige courbée contre la tempête, abritée sous un pardessus beige bruni par la pluie, elle sinue entre les flaques et je vois les muscles de ses jambes se tendre à chaque fois que la pointe de son pied fait claquer celle de ses talons. Je ralentis jusqu'à m'arrêter complètement. Le tissu de sa robe lui colle aux cuisses. L'averse lui serre les hanches. Ses cheveux noirs frisent et se rebellent en mèches qu'elle écarte du bout des doigts pour s'excuser d'un sourire blanc. Elle me barre la route mais se sait fragile, exposée et irrésistible.

Sa traversée s'achève. Elle m'offre un dernier regard alors qu'elle atteint l'autre rive et monte dans une petite Mercedes. La pluie ruisselle sur sa voiture et la mienne.

Et je la laisse partir vers les humides bords des royaumes du vent.

05/07/2014

Journal -- Samedi 5 juillet 2014.

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COULOIR. Dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris se trouve un lieu aussi secret que mythique. C'est un labyrinthe aux murs parfois sales, parfois blancs, peuplé de milliers de petites créatures créatives qui virevoltent et passent d'un panneau à un escalier, d'un atelier à une feuille de papier. Ici, une installation. Là, un livre. Plus loin, un dessin à l'encre. Encore plus loin, un oiseau empaillé dont les ailes arrachées ont été remplacées par des prothèses en métal. Des questions, de grandes claques ou de jolis clins des yeux joyeux, rageux ou malicieux qui nous proposent une grande palette d'émotions et nous touchent immanquablement.


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PORTE. L'Ecole nationale supérieure des beaux-arts (l'[ENSBA) organisait cet après-midi une journée Portes ouvertes - eux parlent d'ateliers ouverts. Envie d'aller voir à quoi ça ressemblait, une journée Portes ouvertes d'un établissement d'art alors que nous, à Apprentis d'Auteuil, nous organisons chaque année une quinzaine de journées Portes ouvertes pour nos établissements scolaires d'Ile-de-France.


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MONSTRE. A chaque pièce dans laquelle on pénètre, à chaque atelier qu'on découvre, il y a un univers différent, difficile à lire pour le néophyte ou le promeneur même si certains ateliers affichent clairement la couleur : l'imprimerie, la mosaïque... Dans chaque pièce, des gens. On a envie de savoir qui c'est mais impossible de distinguer l'étudiant du visiteur, le première année du diplômé. Certains sont allongés par terre en train de déjeuner, il faut aller en chercher d'autres, peut-être moins à l'aise, pour qu'ils nous expliquent le sens de leur recherche, le pourquoi de leur travail. L'un d'entre eux me fait fuir en m'annonçant qu'il a voulu que son installation soit "interactive avec le public". Trop horrible.


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TRESOR. Pas assez de munitions dans le Blackberry pour shooter autant que j'aurais voulu. Pas assez de temps pour explorer tous les recoins du labyrinthe ni de disponibilité avec les enfants dans les pattes ("ne touche pas", "ne touche pas", "ne touche pas") pour aller à la rencontre des étudiants et des enseignants. Sentiment d'une extraordinaire créativité et d'une énergie puissante qui irrigue l'ensemble du site avec de la musique, des concerts, un bar Nespresso installé pour l'occasion, des platines en libre accès.

Un lieu vivant. Un trésor (et quelques autres photos ici).


21/06/2014

Journal -- Samedi 21 juin 2014.

Lectures du matin et des commentaires dithyrambiques liés à la victoires de la France face à la Suisse hier soir. C'est peut-être le Corriere della Sera qui a trouvé la meilleure formule pour qualifier la rencontre : "Le match a été équilibré jusqu'aux hymnes."

Toujours sur le thème du football, je reste un long moment à considérer la photo de Ben Stansall choisie par Libération pour illustrer un article sur "Le dernier acte du metteur en scène Pirlo". Le maquettiste a cadré la photo sur le joueur et rien que lui, en équilibre sur sa jambe gauche, les cheveux au vent, la barbe fourni et, à 35 ans, bientôt fleurie. Image de maîtrise et de puissance impériale, de stratège en action. "Andrea aime se placer devant sa défense pour construire le jeu. Il exige le ballon. C'est son charisme qui fait que ses coéquipiers obéissent. Il a besoin de liberté. Il veut aller où il veut. Même regard conquérant, mêmes mollets exposés aux regards, forcément le parallèle avec les empereurs romains est tentant, éculé même. Pourtant, je crois que si une image est juste, il faut l'utiliser. Ici, Libération a touché juste.

Toujours dans Libération, il faut aussi lire l'article que Catherine Mallaval a tiré de sa rencontre avec Sir James Dyson. J'ai toujours aimé lire et entendre parler ce bonhomme : "Quand j'ai fait mes études au milieu des années 60 au Royal College of Art, on n'en avait que pour le visuel, le look. Et l'on faisait une distinction entre les ingénieurs rasoirs en blouse blanche et les excitants designers. Déjà, je trouvais cela inepte. Et je continue. J'ai toujours été convaincu que le design était intrinsèquement lié à la technologie (...) J'aime que le design exprime très clairement la fonction. Je veux que l'on sache tout de suite à quoi l'objet sert." Si vous avez encore 5 minutes, n'hésitez pas à aller jeter un oeil au site de la James Dyson Foundation.

Ensuite, la journée commence. Une longue journée utilitaire et fonctionnelle. Les comptes. Les courses. La fanfare dans la rue piétonne de Cachan et la dizaine d'automobiles de collection qui klaxonnent en passant. La sieste parce que le compteur de sommeil est débiteur. Le ménage. La cuisine. La construction du château Playmobil et voilà le soir qui vient et qu'on n'a pas vu arriver. Un dîner brésilien avec du poulet mariné dans une sauce au lait de coco et aux courgettes accompagné d'une Schin sans prétention. Une formidable 2e mi-temps entre l'Allemagne et le Ghana.

Et puis la nuit avec, très loin derrière les vitres, la fête de la musique.

09/06/2014

Journal -- Lundi 9 juin 2014.

Photomaton aujourd'hui, Robomaton demain ?

Journée paresseuse à attendre l'orage qui ne vient pas. On se croirait dans un livre de Marguerite Duras. Chacun vaque ses occupations, le plus immobile possible. Pas un souffle d'air dans la maison.

En fin de journée, on finit par sortir faire des photos d'identité. Installée sur son siège, Marguerite touche l'écran et veut interagir avec lui. Mieux, elle "parle" spontanément à la machine quand celle-ci demande "Êtes-vous prêt ?" L'idée qu'il faut lire des instructions à l'écran n'est pas naturelle. Le fait qu'il n'y a que trois essais pour choisir son portrait préféré lui est incompréhensible.

Le XXIe siècle est décidément en retard sur nos enfants.

06/06/2014

Journal -- Vendredi 6 juin 2014.

"We have to honor those who carry forward that legacy today, recognizing that people cannot live in freedom unless free people are prepared to die for it." (Barack Obama, 6 juin 2014).

Le discours. Sa retranscription.

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