MMartin Live Journal

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16/11/2014

Journal -- Dimanche 16 novembre 2014.

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Etape 1 : l'accident
Sur le papier, le problème n'est pas insurmontable : en nettoyant sa voiture un samedi, un client aspire un objet auquel il tient. Il voudrait le récupérer. Rien d'extraodinaire, en fait. Le client, c'est moi. L'objet, c'est le foulard bleu "aux oiseaux" que certains d'entre vous connaissent (mais qui appartient à #madame) et l'entreprise challengée, c'est Total via sa station-service d'Antony, celle située au 100, avenue John F. Kennedy. Vous êtes prêts ? FIGHT !

Etape 2 : le mec sympa
Le client informe le caissier de son geste malheureux qui est tout prêt à aller chercher le foulard, c'est facile, c'est juste une serrure à ouvrir mais voilà, on est samedi matin, il y a beaucoup de monde et "Ah mince, regardez !", le camion-citerne se présente pour remplir les cuves et il va devoir fermer la station mais "Pas de problème, revenez ce soir et je m'en serai occupé". Les yeux du cient qui se plissent "Vous serez encore là ce soir ?" et le doigt en l'air "Non mais je vais noter ça quelque part" et le voilà à écrire "Martin" sur un ticket de caisse vierge.

Etape 3 : peur sur la ville
Je repasse le soir, comme prévu. Comme prévu, le mec sympa a oublié de s'occuper de mon foulard et je dois réexpliquer l'histoire à la dame de la caisse. Qui plisse les yeux. Il est 20 heures. On est samedi soir et clairement, ce qu'exprime son regard, c'est la peur. Le guet-apens. Le braquage. C'est la nuit. La fermeture est dans une heure. Elle me répétera plusieurs fois qu'elle est "seule" et que ce n'est pas possible. En la regardant regarder l'obscurité qui assiège les faisceaux de lumière des projecteurs de la station, je prends conscience de ce que je lui demande moi. Je lui demande de sortir de sa boutique pour aller ouvrir le réservoir de l'aspirateur de la station. De quitter sa caisse, son abri, son terrier, son bunker. Elle prendra une balle, un coup de couteau ou un coup de poing. Je l'assommerai. Pendant qu'elle sera gisante sur le ciment, mes complices feront sauter la porte de la station et nous repartirons avec les quelques centaines d'euros de la caisse. Elle perdra son job, peut-être la vie.
Florence Aubenas a écrit un livre sur les femmes de ménage qui nettoient les cabines des bateaux de Ouistreham. Je l'invite à aller jeter un coup d'oeil à cette autre profession intenable que sont les caissiers des stations-service. Elle me dit "Mais pourquoi vous l'avez aspiré, ce foulard" et là, oui, je le reconnais, l'idée de l'assommer me traverse l'esprit. Elle finit par gagner la manche : "Non, je suis trop occupée pour le moment mais c'est moi qui fait l'ouverture demain. Je le ferai. Revenez demain."

Etape 4 : le bras de fer
Je repasse le lendemain, comme prévu. Comme prévu, la dame de la caisse a oublié de s'occuper de mon foulard. Mais elle me reconnaît, catastrophe. Acculée, elle tente une charge un peu molle pour gagner du temps : "Je ne vais pas pouvoir aujourd'hui, est-ce que vous repasseriez demain ?" Je tiens le terrain : "Non, madame. c'est la 2e fois que vous me faîtes revenir, je préférerai repartir avec mon foulard." Elle lance le programme des éléments de langage en cas de situation de crise avec un client mais il y a de la friture sur la ligne : "Mon manager m'a donné des priorités pour la journée et vous comprendrez que je n'ai pas le temps de m'occuper (jusqu'ici, tout va bien) des erreurs des clients." Je m'engouffre dans la brèche pour lui rappeler que, justement, je suis un client et qu'à ce titre, j'attends un tout petit peu d'attention de sa part, précisément quand ce client fait des erreurs. Elle accuse le coup, mais ne bouge pas, ne parle plus. Rien. Elle engage le bras de fer.
C'est le moment que je choisis pour sortir mon atout-maître : mon fils. Un blondinet de 3 ans croquignolet qui, lâché dans une station-service tenue par une femme, peut faire de gros dégâts. Etonné par cet espace de liberté que je lui donne soudain, il s'interroge une seconde avant d'aller piocher dans les barres de chocolat, les bonbons, les voitures miniatures, les gilets réfléchissant. Une station-service, c'est le paradis des petits garçons. Elle résiste quelques dizaines de secondes, peut-être une minute. "Il peut toucher ce qu'il veut, de toute façon, ce n'est pas rangé." Même pas mal. Je laisse faire. "Il a l'air bien gentil, ce petit garçon, je suis sûr qu'il range bien sa chambre." Mon regard-froid-visage-fermé tandis que #fiston sourire-fossettes-dents blanches tend ses mains vers le présentoir des bonbons. Elle craque, lui dit oui, puis part dans l'arrière-boutique entre deux clients. Revient : "Un moment, mon manager arrive." Next step : le big boss. Merci mon fils.

Etape 5 : final lap
Le boss-de-fin-de-niveau sort de l'arrière-boutique. Il est accompagné du mec sympa qui s'excuse, me serre la main. Il sortent et se dirigent vers l'aspirateur. Je les suis. Le patron déverouille la serrure. S'empare du foulard. Le donne au mec sympa qui me le tend "Vous voulez un sac en plastique ?" Je réponds non. On se resserre la main. Fin de l'histoire. Je n'aurai pas eu un regard, pas un mot, du manager. Mais j'ai le foulard aux oiseaux - fiston un bonbon - et c'est le plus important.

15/11/2014

Journal -- Samedi 15 novembre 2014.

Expérience intéressante de démocratie dans l’Église.

A la fin de la messe, le curé prend la parole pour parler oecuménisme. Il rappelle ce que c’est puis s’interroge sur ce que nous, paroissiens, faisons exactement pour rendre cette unité des chrétiens “visible”. Enfin, maître ès rhétorique, il propose aux paroissiens de se prononcer sur la demande de la communauté orthodoxe de Cachan d’utiliser l’église Saint-Jean pour leurs célébrations du dimanche matin. Cette église n’est pas occupée le dimanche matin (la messe a lieu à Sainte-Germaine) et, en contre-partie, les chrétiens orthodoxes participeront aux frais d’entretien et de chauffage. Evidemment, dans ces conditions, les fidèles ne disent pas non. Il y a juste une main timide qui se lève et qui doit, à brûle-pourpoint, défendre sa position "Mais ce n'est pas pareil." Fin des débats.

01/09/2014

Journal -- Lundi 1er septembre 2014.

Auteuil. Aujourd'hui, c'est la rentrée pour tout le monde mais ce n'est pas la rentrée pour moi. Off pendant deux jours pour garder les enfants qui ne rentrent à l'école que mardi (pour la grande) et jeudi (pour le petit). #Madame prendra le relais mercredi et tout devrait rentrer dans l'ordre jeudi après-midi. Le téléphone (professionnel) sonne sans cesse. Au début, on lutte contre les flots mais bientôt, nos forces nous abandonnent et on se laisse emporter par le courant.

Famille. Mauvaise journée pour le petit qui se cogne contre l'encadrement de la porte de sa chambre. Les proches peuvent aller voir le résultat ici. Son oeil droit gonfle à vue d'oeil. Demain, il sera bleu et sans doute violet pour la rentrée scolaire, jeudi. L'après-midi, alors que je le prends en photo pour envoyer un cliché à ses grand-parents, il manque de s'étouffer avec un bonbon. Nous revoilà à surveiller le moindre de ses faits et gestes, à anticiper chaque mouvement, à mettre la main sur les coins de table, les coins de mur, à lui interdire de courir, de jouer. On ne souffle que quand il dort et encore, comme un nourrisson, on va surveiller son sommeil.

Amis. Immense déception de devoir décliner l'invitation au mariage de R*** qui aura lieu aux Etats-Unis dans quelques semaines. Avant d'envoyer lui envoyer cet email que je ne voulais pas écrire, je me coupe l'index sur un petit morceau de verre qui traînait sur le bureau. Sans commentaire.

Bons souvenirs. Avoir trouvé des chaussures pour la grande. Avoir vu le petit heureux dans un manège du centre commercial de Vélizy. La grande qui organise un défilé pour nous faire choisir sa tenue de rentrée.

26/08/2014

Journal -- Mardi 26 août 2014.

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Bière avec R*** dans un de nos rades favoris. Echanges sur nos secteurs d'activité respectifs. Si stimulant que j termine la soirée avec Jacques Donzelot avec son "L'invention du social".

Derrière lui, dans la file d'attente, Ernst Jünger "La guerre comme expérience intérieure" et Jules César "Bellum Gallicum" pour raviver les souvenirs estivaux des extraordinaires bois de sapins et de "queules" qui entourent la colline de Bibracte.

25/08/2014

Journal -- Lundi 25 août 2014.

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# Rentrée
Reprise de ce journal après quelques semaines de pause. Sans beaucoup d'enthousiasme. Cet été, une équipe cycliste a envoyé sur Twitter une photo d'un de ses coureurs seul sur une mauvaise route mouillée, sous un ciel trop gris pour un mois de juillet. Le commentaire disait quelque chose comme "Le vélo, ce n'est pas tous les jours une belle route, un grand soleil, de bonnes jambes et de bonnes sensations." J'en suis à peu près là.

# Pluie
Sur ma route aussi, pas de beau soleil. Un vrai temps de rentrée qui ressemble pourtant à la météo des vacances : ciel gris, de la pluie, 12 degrés, une tisane sur la table et une veste en laine polaire sur les épaules... cette soirée ressemble un peu trop aux vacances. Je voulais aller aux célébrations de la libération de Paris mais la pluie m'en détourne. Du coup, j'écoute Le Grain à moudre et les discours de François Hollande à l'île de Sein et à l'hôtel de ville de Paris.

# Cris
Célibataire sans enfants pour quelques jours. Comme souvent, l'occasion de rattraper un peu de retard des films que je voulais regarder et notamment "300 : la naissance d'un empire" et son extraordinaire esthétique. J'aime aussi l'idée que notre société continue de s'intéresser, même de façon très lointaine et sans beaucoup de souci pour la réalité historique, à cette passionnante civilisation grecque.

Couché tard.

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